J'ai remplacé mon équipe marketing par Claude Code

18 visuels publicitaires prêts à lancer : 3,43 $. Un sizzle reel monté avec musique, en vertical et en horizontal : 17,55 $. Cinq carrousels Instagram de 8 slides : 9,56 $.
Je n'ai pas embauché une équipe pour ça. J'ai créé un dossier vide sur mon Bureau et j'ai parlé à Claude Code.
Les 3 P : sans ça, tu vas produire du slop générique
Avant de toucher au moindre outil, il te faut trois choses. Je les appelle les 3 P : un pain, une person, une promise.
- Pain : quelle douleur ton produit résout-il vraiment ?
- Person : qui souffre concrètement de cette douleur ?
- Promise : comment ta marque promet-elle de la faire disparaître ?
L'exemple que j'ai utilisé pour tout construire : Perk Form, une fausse marque de boisson énergisante au café et aux protéines (saveurs vanilla latte, salted caramel et bold mocha). Le person est un actif pressé qui dépend du café, surveille ses protéines et saute son petit-déjeuner. Le pain : le matin exige trop de produits séparés, café + shaker + quelque chose à emporter. La promise : le rituel café ET les protéines dans une seule canette grab-and-go.
C'est ce trio qui empêche tes assets de ressembler à du contenu IA anonyme. Chaque visuel généré ensuite a un but, une intention derrière. Sans lui, tu obtiens des images propres mais interchangeables, qui ne vendent rien.
Scoop : c'est aussi exactement ce qu'un bon freelance te facture au tarif journalier. Lui demander de remplir un formulaire à 3 champs avant de produire, ce n'est pas de la bureaucratie. C'est le brief entier.
L'installation : 10 minutes, zéro code
Tu n'as pas besoin de savoir coder. Pas besoin de monter une vidéo ni retoucher une photo. Il faut juste savoir dire ce que tu veux. Voici la séquence complète.
- Crée un compte Higgsfield et prends un plan. C'est l'agrégateur : Seedance 2.5 (en accès anticipé, uniquement chez eux), GPT Image 2, Nano Banana, Grok, Kling, Gemini, Sora, Flux, tous dans un seul abonnement. Plus un Marketing Studio intégré.
- Installe Claude Code desktop (tape "Claude Code desktop" dans Google, télécharge la version pour ton OS). Le mot "code" t'effraie ? Oublie-le. On ne code pas une seconde.
- Crée un dossier vide sur ton Bureau, par exemple
perk-form-marketing. - Ouvre ce dossier dans Claude Code : bouton Open folder, sélection, puis Trust the workspace (il pourra lire, ajouter, déplacer les fichiers).
- Vide ton cerveau en langage naturel : "Je m'appelle X, je dirige tel business, voilà mes 3 P, tu vas être ma marketing team : ads, site web, UGC. Crée-moi un CLAUDE.md et tous les fichiers de contexte pertinents."
- Glisse tes assets existants dans
assets/: logos, photos produits, PDF de charte graphique si tu en as un. - Connecte Higgsfield (voir plus bas).
Le point 5 fait toute la différence. En quelques minutes, Claude Code te construit une arborescence complète : un CLAUDE.md (le mode d'emploi que chaque future session relit), un dossier context avec le positionnement de marque, les 3 P, l'avatar client, les facts produit, la voix et le copy, une message bank, des playbooks, un paysage concurrentiel, plus les dossiers assets et output prêts à recevoir respectivement tes fichiers sources et ses livrables.
Deux réflexes à prendre dès maintenant :
- Surveille l'onglet Files (les trois points, puis Files) : tu vois chaque fichier se créer en direct. Rassurant quand on démarre.
- Nourris le CLAUDE.md en continu. Tu apprends un truc sur ton marché ? "Ajoute ça au CLAUDE.md." Le projet devient plus intelligent à chaque session. C'est ça, la vraie magie de Claude Code par rapport au chat web : il travaille depuis un dossier, pas depuis une fenêtre sans mémoire.
Le skill "Grill Me" : extraire ce que tu ne sais pas formuler
Tu ne sais pas quoi mettre dans le contexte ? Il existe un skill pour ça, et il vaut de l'or.
Un skill, c'est une recette réutilisable : un simple fichier markdown posé dans le projet. Le principe de "Grill Me" : l'agent t'interroge sans pitié sur tous les aspects de ton sujet jusqu'à atteindre une compréhension partagée. Question après question, jusqu'à ce que tout ce qui est dans ta tête soit dans la sienne.
Mode d'emploi : tu récupères le fichier .md, tu le glisses dans le chat, "installe ce skill dans ce projet", puis "lance Grill Me sur mon produit et mon marketing". Il te pose ses questions une par une et sauvegarde l'interview. Résultat : un dossier de contexte que tu n'aurais jamais écrit toi-même en une journée.
Vérifie toujours ce que Claude voit réellement
Un piège rencontré dès le premier jour : j'ai glissé un dossier de 11 product shots dans assets, et l'interface affichait le dossier bizarrement, comme illisible.
Réflexe : demander directement. "Dans le dossier assets, il devrait y avoir 11 product shots, tu les vois ?" Claude lit le disque, liste les 11 fichiers, confirme. C'était un bug d'affichage, rien de plus.
La leçon vaut plus que l'anecdote : l'interface peut mentir, le fichier non. Quand un doute apparaît, fais-toi inventories les fichiers avant de lancer quoi que ce soit.
Connecter Higgsfield à Claude : 2 minutes
Pourquoi brancher Higgsfield plutôt que d'y cliquer toi-même ? Parce qu'une fois connecté, c'est Claude qui écrit les prompts, qui choisit les modèles, qui navigue l'interface et qui range les livrables. Tu ne mets plus jamais les pieds dans l'UI.
La manipulation :
- Dans Higgsfield, clique le bouton MCP & CLI en haut.
- Copie l'URL du connecteur Claude (premier de la liste).
- Dans Claude Code : Customize → Connectors → Add custom connector, colle l'URL, nomme-le "Higgsfield".
- Clique Connect, authentifie-toi sur ton compte Higgsfield, autorise la connexion.
C'est tout. Maintenant "fais-moi une image" ou "va dans le Marketing Studio" se font tout seuls.
Le site scroll qui ne ressemble pas à un site IA
Premier gros livrable : un site produit. J'ai utilisé Scroll World, un repo GitHub open source qui crée des sites immersifs où tout se révèle au scroll (GitHub sert juste à stocker et partager du code, tu copies l'URL du repo et tu la colles dans Claude Code, point).
Le prompt tient en une idée : "utilise nos logos, notre charte et nos product shots déjà dans le projet, combine-les avec ce repo, et conçois la structure et le copy autour de nos 3 P".
Résultat en une passe :
- Le design system vient directement du PDF de charte, pas inventé. Couleurs, typo, logo system, tout est là.
- Le site s'ouvre sur la douleur, pas sur le produit : "Votre matin ne devrait pas exiger deux boissons."
- Au scroll, café et protéines fusionnent en une seule canette. Puis "11 minutes avant de partir" : la douche, les clés, un email, le petit-déj, le café. Une séquence qui parle exactement au persona.
- Chaque saveur a sa section avec vidéo générée (Seedance 2.5 via Higgsfield) : gros plan condensation sur le bold mocha, canette qui tourne sur la vanilla latte. Les clips avancent au rythme du scroll.
Est-ce parfait ? Non. Les nutrition facts manquaient (je ne les avais pas donnés, donc il y a des trous à remplir), et il faudra itérer. Mais pour un seul prompt, c'est incomparablement moins générique qu'un site vibe-coded standard.
Détail important : le site tourne en local (localhost:8931). Personne d'autre ne peut le voir. Pour le publier : push du repo vers GitHub, puis déploiement sur Vercel. Cinq minutes, une fois compris.
Quatre campagnes lancées en parallèle, comme tu déléguerais à quatre juniors
Même chat, quatre prompts tirés quasi simultanément. Le principe : je donne la motivation, l'objectif final, l'endroit où ranger les livrables, et je demande systématiquement le coût à la fin.
Campagne 1 : les créas publicitaires BOGO
"On a une grosse promo : buy one box get one free, box mixte ou saveur unique. Génère plein de créatives différentes pour tester, copy variée, images variées, avec notre contexte de marque. Dis-moi combien ça coûte et range tout dans un dossier summer-bogo."
Livraison : 18 créatives finies, cohérentes niveau branding (la charte fait son travail), avec des angles étonnamment variés pour un prompt aussi court. Quelques exemples sortis : "Two drinks, one can", "Breakfast optional", "Stock the whole summer", "Can't pick? Don't.", "Gym bag to desk. The shaker stays clean.", "Same habit, more return", "Cold case handled", "Bold mocha, doubled". Certaines reprennent un motif règle graduée façon shaker. Et surtout : quelques versions vierges sans copy, prêtes à recevoir mon propre texte.
Coût total : 3,43 $.
Campagne 2 : le sizzle reel
"Crée un sizzle reel viral pour notre site et nos réseaux, passe par le Marketing Studio de Higgsfield : musique, rythme, edits dynamiques."
Livraison : deux montages (vertical et paysage), scènes enchaînées, musique, éléments graphiques, copy incrustée. Zéro créativité demandée de ma part. Seul défaut relevé : un logo légèrement approximatif dans une scène.
Coût : 17,55 $. La vidéo coûte cher, cinq fois le prix de l'image. Compare quand même à un monteur freelance pour un reel de cette qualité.
Campagne 3 : les carrousels Instagram
"Lance la présence Instagram : quelques carrousels sur pourquoi on a créé ce produit, pour qui, quels problèmes ça résout, les saveurs. Propose ceux qu'on devrait épingler. Range bien et donne-moi le coût."
Livraison : 5 carrousels de 7 à 8 slides chacun, même univers visuel, angles distincts ("Your morning shouldn't require two drinks", "Coffee happens because coffee always happens", "Same habit, one less stop", "Three flavors of coffee that pulls its weight").
Coût : 9,56 $.
Campagne 4 : les ads UGC, la plus impressionnante
"Crée plusieurs variantes d'ads UGC verticaux, feeling très organique : des gens qui tiennent le produit, le testent, disent ce qu'ils aiment. Ça doit coller au persona et répondre au pain. Mélange versions montées et plans bruts. Seedance 2.5 si tu veux, mais essaie d'autres modèles aussi."
Et là, regarde bien le pipeline que Claude a déroulé tout seul :
- Il a d'abord créé 4 personnages en image (GPT Image 2), réutilisables à volonté. Si tu veux un visage récurrent sur ta page, ton brand avatar existe désormais.
- Puis des storyboards : plan selfie face caméra, gobelet café et shaker protéine sur le comptoir, ouverture de la canette, gros plan, première gorgée. L'histoire est figée image par image AVANT la génération vidéo.
- Ensuite seulement les vidéos, beaucoup plus contrôlées grâce aux boards. Montage rapide type réseaux sociaux, clips de 1 à 2 secondes.
- Enfin, une passe QA automatique : captures d'écran de chaque clip, vérification, rejet d'une vidéo où le texte du dos de la canette était illisible. Avant même de me livrer.
Mon avis honnête sur ces UGC : le rendu est réaliste mais on devine encore l'avatar IA, et ça reste trop "pub", pas assez organique. La correction est connue : analyser de vrais UGC viraux du secteur, faire approuver les scripts par un humain, puis envoyer scripts et storyboards à la génération. Et note-le : ces générations ont consommé le plus de crédits du lot, parce que images + storyboards + passes QA multiples, ça s'additionne.
Le tracker Excel : là où tout devient une machine
Quatre vagues de générations plus tard, un cinquième prompt : "crée-moi un fichier Excel qui logge date, type de génération, campagne, canal, angle principal, livrables, outils et modèles utilisés, crédits et dollars dépensés, statut. Je veux pouvoir analyser quels angles marchent le mieux."
Huit minutes plus tard, le fichier atterrit dans output/analytics/. Et le détail qui m'a fait sourire : le tableur est stylé aux couleurs de la marque. Les onglets, le header, tout suit la charte. Il a littéralement utilisé mon design system pour un Excel.
Les onglets générés :
| Onglet | Contenu |
|---|---|
| Generation log | ID, date, type, campagne, canal, angle principal, angles couverts, livrables, nombre de générations, outil/modèle (GPT Image 2, Nano Banana Pro, Marketing Studio, Seedance 2.5...), crédits, dollars, statut |
| Creative assets | Chaque image/vidéo avec son copy associé |
| Angle performance | À remplir avec les vraies données de perf |
| Copy bank | Tous les accroches et textes produits |
| Cost summary | Le cumul des dépenses |
À partir de là, les extensions sont évidentes : "mets à jour le sheet" après chaque nouvelle fournée, une sweep automatique hebdo, un dépôt d'idées à traiter ("checke le sheet et traite les nouvelles lignes"), voire une veille automatique qui scrape les créatives concurrentes chaque semaine et alimente la banque d'idées.
La boucle qui rend le système imbattable
Voici le vrai unlock, celui qui dépasse la simple économie : une fois que Claude génère tes assets, branche-lui les données de performance. Chaque semaine, il relit ce qu'il a produit, confronte aux résultats, et produit davantage de ce qui a marché.
Volume negates luck. Plus tu génères de créatives, plus tu touches, et plus tu as de données pour affiner le tir. Un humain produit 3 créatives par jour ; le système en produit 18 pendant ton café.
Les règles à copier telles quelles
- Écris tes 3 P avant tout le reste. Pain, person, promise. Sans brief, pas de système.
- Un dossier = un business. Le projet gagne en intelligence à chaque session, contrairement à un chat jetable.
- Demande toujours le coût à la fin d'un run et impose un dossier de sortie nommé. Tu gardes le contrôle budgétaire.
- Exige des versions vierges dans chaque batch de créas. Le copy se change en 2 secondes, l'image régénérée coûte.
- Recycle tes gagnants. Copy qui performe ? Applique-la aux 18 visuels. Visuel qui performe ? Change juste le CTA.
- Jamais de vidéo UGC sans passer par images puis storyboards. Le contrôle remplace le hasard.
- Fais systématiser la QA. Captures d'écran, rejet des clips défectueux, avant livraison humaine.
- Tracke chaque génération : date, angle, coût, modèle. Sans données, pas de boucle.
- Injecte ton expertise métier dans les prompts. Je n'en ai mis aucune ici et les résultats tiennent déjà la route ; ajoute la tienne et ils passent au niveau supérieur.
- Attends-toi à itérer. Première passe = matière brute. Complète les infos manquantes (nutrition facts, prix, disponibilités), corrige, relance.
Ce que ça change vraiment
Le setup m'a pris une demi-journée, dont l'essentiel à expliquer mon business à un dossier vide. Depuis, chaque campagne est une conversation de trois prompts.
La compétence n'est plus de monter une vidéo ou de designer un visuel. Elle est dans le brief : savoir formuler un pain, un person, une promise, et laisser la machine dérouler.
Et ça, aucun freelance ne te le facturera 3,43 $.
Un terme IA croisé dans cet article ?
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